SALLE D’ATTENTE III / Exposition collective

717 vues

06/06/2013 - 20/07/2013

A Propos de

« Les conditions dans lesquelles on voit les oeuvres sont lamentables. Les expositions sont très fréquentées, et parfois par des imbéciles. On ne peut que rester debout et regarder, en général avec quelqu’un d’autre. Il n’y a pas d’espace, pas d’intimité, nulle part où s’asseoir ou se coucher, on ne peut ni boire, ni manger, ni penser, ni vivre. Ce n’est qu’une présentation. Ce n’est que de l’information. » Écrits 1963-1990, Donald Judd, 1991, Édition Daniel Lelong

Car tout est là : bien souvent, nous ne voyons rien. Nous forçons notre regard, à vouloir voir absolument, là, maintenant, en trois minutes, en trente secondes. Pourquoi ne peut-on pas plus souvent s’asseoir face aux oeuvres ? Salle d’attente III est le troisième volet d’une série d’expositions basée sur l’idée que les salles d’attente sont des parenthèses spatiotemporelles propices à la contemplation d’oeuvres. À la galerie laurent mueller, cette nouvelle expérience réunit 26 artistes sur deux espaces reliés par un escalier. Comme si un seul temps d’attente ne suffisait pas, à l’étage, une seconde salle s’offre à nous.L’accrochage rappelle ceux des salles d’attente de cabinets médicaux, où chaque médecin a porté sa pierre à l’édifice. Untel a cloué le tableau d’un ami peintre, son confrère un tableau hérité, tandis que l’anesthésiste a placé une gravure désuète, une affiche démodée, et ainsi de suite. Dans notre salle d’attente, le visiteur sera d’abord pris d’une hésitation. Peut-on ou non s’asseoir sur l’un de ces trois bancs ? Après tout, on ne s’assoit pas sur l’art mais pourtant ces coussins semblent nous y intimer. Que lit-on dessus? Sit on it, Wait and See, Là ça va… Autant d’injonctions au laisser-aller, à la patience, au repos. Et bien, asseyons-nous. Plongé dans l’attente, le regard du visiteur part à la dérive sur les murs, tissant entre les oeuvres des liens inattendus. Un portemanteau, un monochrome, des photos, une horloge, des mots brésiliens, des dessins. De cet ensemble disparate émerge un dialogue où se fondent les notions autrefois distinctes de mobilier, décoration et art. Tout s’entremêle, brouillant les pistes et les conventions. À l’étage, la tension monte. Encore une salle d’attente. Elle est bien plus petite, le plafond est bas et les deux portes sont closes. Tapissée d’un motif pariétal on se croirait presque dans une grotte, une caverne, l’antre d’un médecin aux goûts étranges. Une musique alterne avec une vidéo qui, une fois encore, nous renvoie au sentiment d’attente. Attendez-donc, vous êtes le prochain sur la liste. E.B. Un ouvrage conçu par Elvire Bonduelle et publié par la galerie viendra compléter l’exposition.

FLASH INFOS
A PIED D'OEUVRE (s), la Monnaie de Paris expose les sculptures au sol à l 'occasion des 40 ans du centre Pompidou jusqu'au 9 juillet 2017.-Rodin l'exposition du centenaire. A l’occasion du centenaire de sa mort, l’exposition pose un regard nouveau sur cet artiste protéiforme, convoquant ses collectionneurs ou encore les artistes de son temps, Bourdelle, Claudel, Brancusi, Picasso ou Richier, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. Au Grand Palais du 22 mars au 31 juillet-Picasso, Matisse et Braque à bonne adresse. Prenant appui sur le livre d’Anne Sinclair, petite-fille du marchand Paul Rosenberg, l’exposition du Musée Maillol redonne à la galerie sise 21, rue La Boétie l’éclat qui fut le sien. Jusqu’au 23 Juillet.-
Avant-Première

Avant-Première

Inscrivez-vous pour recevoir nos meilleurs reportages en avant-première.

Inscription réussie !