Marc Ronet – GALERIE UNIVER

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13/03/2014 - 31/05/2014

A Propos de

Comment peindre un paysage aujourd’hui ? Dans le cas de Marc Ronet, en trouvant la forme graphique et chromatique qui lui semble la mieux susceptible, non pas d’imiter un motif, mais d’en donner à comprendre l’essentiel.

Non que le fait soit nouveau. Les paysages de Marc Ronet ne furent jamais ni un long fleuve tranquille ni une carte postale. Malgré l’absence de l’être humain, cette nature n’avait rien de la promesse d’un paradis perdu, d’un monde révolu.

De même, chez lui, l’œil cherchait en vain une anecdote ou un site familier. Pas topographique pour un sou, ses sous-bois ou ses forêts étaient – comment dire ? – contrariés. On sentait confusément que ce que l’on voyait n’était que le dessus de l’iceberg, que cette représentation de la nature ne constituait qu’une strate qui en cachait d’autres. Parfois un bâton en bois ajouté sur la surface, un trou percé dans la toile ou un format inhabituel venait troubler toute tentation d’une vision rassurante, d’un cliché qui avait fait ses preuves.

Et, soudainement, de nouveaux paysages apparaissent. Sans qu’on sache pourquoi, ils sont rayés, zébrés par des lignes courtes qui sillonnent les toiles dans tous les sens. Des lignes discontinues sans aucune fonction descriptive, des segments qui s’interrompent sans raison logique. Plus précisément, ces traces sur la surface ou qui s’en détachent même légèrement, semblent souvent comme une écriture nerveuse ajoutée après coup, des inscriptions autonomes et désordonnées, qui font penser à un sismographe ou un électrocardiogramme déréglé.

Ces lignes sauvages parasitent et brouillent la vision. De fait, Ronet introduit comme un rideau semi-transparent qui recouvre la représentation, créant un effet de relative illisibilité. Un tel rideau permet à l’artiste de se concentrer sur la matière et d’éviter une description précise. Un voilage, une trame commandée par une logique indépendante du sujet s’interpose entre la représentation et le regard.

Et pourtant, l’on voit à travers. Souvent, c’est un paysage de bourrasques, de tourbillons roses, ocre avec des éruptions rouges, des taches ou des fuites blanches sur la toile. Des mouvements tracés dans l’épaisseur de la matière, un territoire animé, une carte bouleversée. Bref, tout laisse à penser qu’avec ces dernières œuvres, Ronet ne cherche pas des effets stables et délimités avec précision, mais au contraire l’incertitude qui émane de la nature, l’impossibilité de la fixer.

Mais, peut-être ces paysages sont-ils en même temps une interrogation sur la distinction artificielle décrétée par l’histoire de l’art entre figuration et abstraction. De fait, ce sujet, plus qu’un autre, échappe à une représentation déterminée, définitive car, écrit Roger Caillois, «un paysage disloqué n’est pas un anti-paysage ou un paysage impossible, c’est bien plutôt, à première vue du moins, quelles que soient les bizarreries qu’on y accumule, un autre paysage. C’est que le paysage n’a pas de structure propre  permanente et reconnaissable. Il est par luimême déjà changeant » .

Itzhak Goldberg, mars 2014

Infos tirées du site de la galerie Univer / Colette Colla : http://www.uni-ver.com/main.html

 

Infos pratiques :

Galerie Univer / Colette Colla  

6, cité de l’Ameublement – 75011 Paris
(angle 31, rue de Montreuil)

tél : 01 43 67 00 67 

 uni-ver@orange.fr 

      

Entretien avec Elisabeth Petibon, critique d’art

 

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Remerciements à Andy Emler, auteur, compositeur pour la musique.

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