Isabelle Lévénez – H Gallery

5 091 vues

11/01/2018 - 17/02/2018

A Propos de

H gallery présente Isabelle Lévénez du 12 janvier au 17 février 2018

La littérature a souvent été à la source de la démarche artistique d’Isabelle Lévénez. Les œuvres de Kafka et leur univers surréaliste la captivent en particulier. Pour cette première exposition personnelle à H Gallery, Isabelle Levenez s’est inspirée du Terrier, le dernier récit de Kafka, écrit fin 1923, six mois avant sa mort et laissé inachevé. Elle s’est également inspirée de la phrase, aussi absurde qu’hilarante, répétée par Alain Delon, dans le film Nouvelle Vague de Jean-Luc Godard et qui donne son nom à l’exposition. L’association est détonante et, pourtant pleine de sens, pour qui a déjà pénétré l’univers de l’artiste plasticienne… Dans le récit qui semble relativement autobiographique à ceux qui l’ont étudié, Kafka, une fois de plus mi-humain, mi-animal, tente de se creuser un terrier pour se protéger du monde extérieur et se sentir en sécurité mais il finit par se sentir piégé et des chuintements qui proviendraient d’autres animaux aux alentours semblent menacer son abri qui devient lui-même, symboliquement, un guêpier. Cherchant l’indépendance, il se retrouve prisonnier. Cherchant la sécurité, il est mis en danger, certainement par sa propre paranoïa mais plus sûrement encore, par la maladie qui attaque son corps à la fin de sa vie et qui entre par sa bouche : la tuberculose. Entre un intérêt précoce pour les insectes, l’interprétation possible du héros transformé en taupe qui dévore fourmis et autres blattes pour survivre dans son terrier, les réminiscences de La Métamorphose et l’étrange atmosphère du film de Godard, Isabelle Lévénez creuse à son tour son propre chemin vers des créations nouvelles qui sont des fulgurances, des illuminations qui la dépassent, des manières de comprendre et de pénétrer des univers autres qui côtoient et nourrissent le sien. Isabelle Lévénez a toujours été attirée par les insectes, par leurs organisations sociétales, métaphores miniatures de nos sociétés humaines, par leur apparente fragilité et leur résistance réelle, par l’image parfois repoussante qu’ils véhiculent et qu’elle aime transgresser. Ses photographies reprennent les couleurs qui parcourent son travail en général et évoquent la picturalité qu’elle n’abandonne jamais : bleu, rouge. Le doré évoque des statues de la déesse Isis, reine des abeilles qui, de ce fait, n’est jamais piquée. Le rapport à notre animalité, la transgression et le désir, le réapprentissage du corps par les prothèses, l’envie de se protéger, la peur de l’ennemi, la volonté de contrôle d’un individu sur l’environnement qui l’entoure et lui échappe, l’idée d’une vie sécurisée qui se transforme en piège, l’indépendance qui finit par priver de liberté, les monologues, la fascination pour la mort, la construction du terrier comme un processus de création poétique et, pour Lévénez, artistique sont autant de métaphores et de perspectives extrêmement actuelles explorées par l’artiste dans ses nouvelles séries de dessins, de photographies et de vidéos. Gilles Deleuze et Félix Guattari, dans leur livre Kafka. Pour une littérature mineure, écrivent ces lignes qui pourraient résumer une partie des interrogations de l’artiste : « Les nouvelles ou les récits tracent des devenirs-animaux qui sont autant de lignes de fuite actives. Les romans, illimités plutôt qu’inachevés, opèrent un démontage des grandes machines sociales présentes et à venir. [Kafka] ne croit qu’à des architectures et à des agencements dessinés par toutes les formes de desirs.

H GALLERY

90, rue de la Folie-Méricourt 75011 Paris

+33 (0)1 48 06 67 38

galerie@h-gallery.fr

www.h-gallery.fr

Remerciements pour la musique à Andy Emler et Benjamin Coum.

Retrouvez toute l ‘artistique sur Newsarttoday.tv

 

FLASH INFOS
ARTKHEIN PARIS : Nouvelle manifestation d'art contemporain au Bastille design Center du 01 au 3 juin 2018.-Près de Toulouse, Cette 4ème exposition présente des œuvres de plus de 80 artistes de la collection Cérès Franco autour d’une installation spectaculaire, celle de Jean-Marie Martin (1922-2012), un des artistes les plus surprenants de cette collection. La Coopérative Collection Cérès Franco 5, route d’Alzonne 11170 Montolieu-Anish Kapoor au musée d'art moderne de Saint Etienne du 11 novembre au 8 avril 2018.-
Avant-Première

Avant-Première

Inscrivez-vous pour recevoir nos meilleurs reportages en avant-première.

Inscription réussie !