Paul vergier – H-GALLERY

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01/12/2017 - 06/01/2018

A Propos de

H GALLERY présente l’artiste Pierre Vergier jusqu’au 6 janvier 2018.

La première exposition personnelle à H GALLERY du peintre PAUL VERGIER rassemble sa toute dernière série d’huiles sur toile et de pastels. A la recherche d’un réel qui lui échappe sans cesse, Paul Vergier questionne son médium et le porte, entre contemporanéité et conceptualité, dans un monde flottant qui fait de lui un peintre totalement unique dans le paysage artistique français.

Un paysage du manque et du mystère Chez Paul Vergier, la thématique du paysage s’est focalisée, ces dernières années, sur les serres maraîchères dont les voiles recouvrent des arbres ou des arbustes et déterminent des espaces et des structures dans le plan de l’œuvre. De façon étonnamment poétique, cette thématique s’est aussi centrée sur les tas de gravats recouverts de bâches provenant de la démolition ou de la construction de bâtiments. Ces motifs portent tous les traces de l’homme, de la forme, du réel, ils les laissent deviner sans pour autant y donner accès et abandonnent le spectateur dans un entre-deux de présence-absence. L’artiste s’est un jour construit une serre et est tombé en béatitude devant les transparences et les ombres en se demandant comment relever le défi de traduire l’insaisissable en peinture. Il s’est aussi intéressé à l’absence de profondeur que la superposition des toiles et des bâches créait. Dans sa démarche de peintre, le motif doit être porteur de la complexité du travail de la représentation. Ce motif est un paysage qui intériorise l’espace extérieur, un paysage du manque et du mystère dans la narration, un paysage en creux, étrangement silencieux et dépourvu d’êtres humains où l’histoire se passerait derrière ou devant les plans du tableau. Sous le calme apparent, bien loin de la paix, une tension sous-jacente permanente est sensible, qui laisse présumer les tourbillons de la vie des hommes. Emmanuelle Lequeux décrit très bien cette poésie : « protégé par ces chrysalides de tissus, le monde végétal est, au mieux, survivant mais jamais invasif […]. Une émotion dérangeante est produite par la peinture de Vergier en raison de la sophistication de son pinceau, qui dépeint si fabuleusement la myriade de plis des abris, la beauté paradoxale du jeu du soleil et la transparence limite évoquée par les couleurs liquides qui se diluent et tendent vers le réalisme. » Le réel masqué par les obstacles L’œuvre de Paul Vergier est une peinture de paysage contemporaine où le réel est toujours masqué par des obstacles. Ce qui est visible désigne toujours un invisible qui fermente sous les filtres des couleurs et de la matière. La phrase « cachée derrière ce qui se voit » est une évocation déformée de la citation de Daniel Arasse qui hante le peintre mais elle renvoie aussi à la psychanalyse et à l’entourage de l’artiste. Les œuvres planantes et méditatives rappellent donc également l’idée de refoulement et de névrose. Un voile est créé par la psyché, par le peintre, pour ne pas regarder la réalité ni la perspective qui, de ce fait, se trouvent toujours voilées, parasitées, retranchées, cachées. Un peintre qui interroge la représentation Dans sa technique même, l’artiste joue sans cesse de recouvrements avec différents jus et couches de peinture, entre matité et transparence, entre subtilité et intensité. Ses motifs questionnent la surface et l’espace du tableau, le regard et l’aveuglement, autant d’éléments constitutifs de l’idée de représentation en peinture. Comment rechercher l’obstacle, l’impossible à représenter tout en restant dans le réel ? L’artiste, en superposant les couches de peinture, part d’un chaos de couleurs et de formes à la limite de l’abstraction. Peu à peu, il fait sortir le paysage de ce chaos mais, si le visiteur est attentif, il se rendra compte que les structures et les lignes de forces n’apparaissent qu’au dernier moment dans un jus blanc qui développe et diffuse le relief sur la toile mais ne la tient pas. Les nuances et les armatures structurelles sont, contrairement à la pratique de beaucoup de peintres, la dernière pièce du puzzle. La dimension conceptuelle de la peinture de Paul Vergier met en abîme la représentation. Le réel apparaît déformé, caché. Peter Sloterdijk, le grand essayiste qui a notamment écrit sur Anselm Kiefer déclare devant ses toiles que, pour Vergier, « le pli est le début de l’abstraction ». Sa peinture tend vers la surface : ses perspectives semblent réalistes mais elles sont fausses, l’horizon n’existe plus. Comme s’il peignait une peau, l’épiderme de sa peinture est très rétinien et ses paysages sans paysages. « Ce qui me frappe en définitive le plus en regardant ses peintures, c’est cette force souterraine qui les soulève, plus ou moins visiblement, et qui le porte, lui, dans son travail », a écrit un jour Philippe Jaccottet. Une jeune carrière prometteuse Paul Vergier a suivi les cours de l’École des Beaux-Arts de Marseille puis de celle de Paris à une époque où la peinture n’était pas vue d’un œil favorable. Il a donc pris beaucoup d’indépendance par rapport à l’enseignement de l’art, ce qui explique peut-être le caractère unique de ses œuvres et de ses images. Il se considère presque comme un autodidacte alors que l’élégance, la subtilité et le raffinement de sa technique contredisent cette sensation. Paul a vécu et exposé sept ans à Berlin, a récemment montré ses œuvres à la Sono Art Gallery de Séoul, à la Galerie Béa-Ba à Marseille, à la Galerie Mircher ou chez Maia Müller à Paris et a été sélectionné l’année dernière pour le Salon de Montrouge par Ami Barak. Il vit et travaille désormais à Grignan près de Montélimar et est aujourd’hui représenté par H Gallery qui présentera également ses œuvres à Art Paris Art Fair en avril 2018. Paul Vergier est collectionné et soutenu par de grands critiques d’art, collectionneurs, commissaires d’exposition et artistes tels que Jean-Michel Alberola (qui lui a offert son premier carnet de croquis lorsqu’il était enfant), Marc Desgrandchamps, Philippe Dagen, Emmanuelle Lequeux, Ami Barak, Eunju Park, Hector Obalk ou Peter Sloterdijk.

du mardi au samedi de 10h à 13h et de 14h à 19h.

90, rue de la Folie-Méricourt 75011 Paris

+33 (0)1 48 06 67 38

galerie@h-gallery.fr

www.h-gallery.fr

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Remerciements à Andy Emler pour la musique.

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ALI KAZMA au musée du Jeu de PAUME du 17 octobre au 21 janvier 2018-Anish Kapoor au musée d'art moderne de Saint Etienne du 11 novembre au 8 avril 2018.-
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