MAISON DE LA CULTURE D’AMIENS – François ROUAN

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21/01/2014 - 27/04/2014

A Propos de

Du 21 janvier au 27 avril 2014, la Maison de la Culture
d’Amiens consacre une exposition d’envergure à François
Rouan, rarement exposé dans sa région d’adoption.

Proche à ses débuts du mouvement support/surface, ancien
pensionnaire de la Villa Médicis, exposé dans des galeries et
des musées de renom (Musée National d’Art Moderne, Centre
Pompidou, Sezon Museum of Art à Tokyo, Musée Matisse,
etc.), François Rouan est installé depuis 1978 à Laversine dans
l’Oise. Dans d’anciennes dépendances de château transformées
en maison de campagne – atelier, il se consacre à la peinture, à
la photographie et à la vidéo. Cette exposition illustre le
processus créatif qui sous-tend son travail depuis de
nombreuses années.

Elle présente les différentes facettes de son œuvre :
– ses peintures tressées grand format qui expriment avec force son talent de coloriste et sa
technique de tressage si particulière,
– ses vidéos et ses photographies dans lesquelles fantasmes, inspirations, intimité et réalité
s’entrelacent sur les mots du peintre,
– la poésie qui retrace le dialogue et les échanges nourris depuis trente ans entre le peintre
et Bernard Noël, poète essayiste, romancier et critique d’art, lui aussi installé en Picardie.

La construction de cette exposition en plusieurs volets et sur différents espaces permet d’entrer en
profondeur dans le processus de travail de François Rouan, artiste polymorphe, qui travaille au corps à
corps avec la toile et avec la matière qu’il coupe, colle, tisse et retouche inlassablement pendant
plusieurs mois, parfois plusieurs années jusqu’à en faire émerger un paysage sensible.

Trois publications paraîtront à l’occasion de cette exposition :
– Le Chemin d’encre – Texte de Bernard Noël, sérigraphies de François Rouan. Livre d’artiste,
40 exemplaires. Éditions Cadastre8zéro
– Livre d’artistes de François Rouan et Bernard Noël – 40 exemplaires, éditions Cadastre8zéro,
2014.
– Trotteuses, notes d’atelier de François Rouan – coéditions Cadastre8zéro et Trois Cailloux /
Maison de la Culture d’Amiens, 2014.

“ Rouan est un peintre abstrait qui semble aimer la figuration dans ce qu’elle a de caché alors que le chemin
habituel veut que l’on parte du réel pour arriver au sublimé. A l’inverse d’un Matisse parti du Nord vers le Sud,
Rouan, lui remonte à la source première …”
Alexandre Grenier

Trotteuses /
Un autoportrait en trois couleurs François Rouan

Le thème des Trotteuses s’impose à François Rouan depuis plusieurs années. Les trotteuses sont trois
filles, trois femmes qui entretiennent un rapport exclusif avec un peintre et qui se retrouvent après sa
mort. A peine imaginées, elles renvoient à l’altérité des modèles par rapport au peintre et contribuent à
en dessiner le portrait. Cet autoportrait illustre les multiples registres de cet artiste dont l’œuvre a
évolué depuis les années 60’ entre l’abstraction d’une grille géométrique revendiquée et la
présence, plus récente mais tout aussi affirmée, du corps, des corps, dans leur dimension la plus
sexuelle.

Dans cette exposition, le principe du tressage qui fonde l’œuvre de François Rouan et ce thème sont
mis en mouvement sur différents supports. Le corps est incarné par la bande-son et les images du film,
par les peintures tressées dont les découpes et les superpositions laissent entrevoir des empreintes de
morceaux de corps et enfin par les photographies qui superposent les images de modèles réels au
paysage mental de François Rouan.

Le montage du film Trotteuses séquence une multitude de tableaux tressés et entrelace un texte à
plusieurs voix où l’érotique jouxte le politique, où l’intime côtoie la vie fantasmatique. Les peintures
tressées, en grand format, font écho à cette projection vidéo et forment une série originale intitulée
Trotteuses. Enfin, une série de travaux photographiques argentiques tirés sur film transparent avec des
reprises de peintures à la cire, sont des œuvres originales mais aussi le point de départ d’images du
film. Ils referment la boucle de ces Trotteuses.

« Superpositions, nouages des unes ou des autres, images fixes et images en mouvement cherchent
toujours le même tressement indénouable de la figure et du fond » François Rouan

Du Jardin d’Encre au Chemin d’Encre
François Rouan et Bernard Noël

François Rouan et Bernard Noël se sont rencontrés dans les années 70’. Depuis ils entretiennent un
dialogue fécond et collaborent à quatre mains sur différents ouvrages. Ce jardin d’Encre a débuté en
2009 et se poursuit, patiemment et fidèlement depuis. Dans son prolongement Le Chemin d’encre est
un texte que Bernard Noël travaille depuis plusieurs années. Il indique lui-même que c’est sa propre
mort qui en interrompra l’écriture. Toute publication de ce texte porte donc obligatoirement sur un
fragment et opère un prélèvement dans le « déjà écrit ».

Le travail de François Rouan, lui, consiste en une création qui porte sur la structure même des livres,
sans en être l’illustration. Ainsi le peintre tresse une série de photogrammes autour du texte de Bernard
Noël.

Les deux éditions du Chemin d’encre, dont un livre d’artiste tiré à 40 exemplaires avec des sérigraphies
de François Rouan présentées à la Maison de la Culture d’Amiens concernent un ensemble important
de sept séquences qui se donnent à lire. Ces textes sont écrits alternativement en français et dans
d’autres langues étrangères : espagnol, arabe et pour ce denier opus allemand.

« Depuis un an, je travaille autour d’une suite de poèmes de Bernard Noël, intitulée Ce Jardin d’encre,
avec pour but d’inventer autre chose que le traditionnel livre d’artiste. J’ai accumulé les images, les
transformant, les métamorphosant pour que, au-delà de l’apparence première, chacune révèle ce que
l’apparence, justement, nous cache. Toutes ces images envelopperont le texte de leurs dizaines
d’avatars… » François Rouan

François Rouan
Biographie

François Rouan est né à Montpellier en 1943. Il vit et travaille dans l’Oise.
Peintre et dessinateur, influencé par Matisse, il travaille la photographie
depuis la fin des années 80’. Il a, depuis quelques années, réalisé une
vingtaine de films, en dialogue avec ses travaux de peinture et sa technique
du tressage.

Sur sa technique :

« Des premiers papiers aux toiles tressées de plus en plus complexes des années 1969-1970, tressées
dessus/dessous, dedans/dehors, à trois ou quatre trames, la peinture a fait surface, littéralement. Le
champ du tableau se fend et s’ouvre pour produire une épaisseur de sillons et de plis, pour laisser
passer du corps. Aujourd’hui, le travail de peinture de François Rouan reconduit ces mêmes
procédures de tressage, toujours pour ouvrir le plan du tableau à plus de corporéité, pour affirmer la
réalité d’une rugosité, pour faire surgir la présence de corps et de figures non immédiatement
identifiables en tant que tels, mais empreints dans la substance même du tableau ». Résumé de la
monographie « La découpe comme modèle » de Bernard Noël et Isabelle Monod Fontaine

Bernard Noël
Biographie

Né le 19 novembre 1930 dans l’Aveyron, le poète Bernard Noël vit
aujourd’hui dans un petit village du laonnois. Essayiste, critique d’art et
romancier, il signe une œuvre foisonnante. Depuis Extraits du corps (1958)
jusqu’à Chemin d’Encre (2013), il a écrit plus d’une cinquantaine de titres
(poèmes, essais, romans). Depuis la parution en 1971 du Château de Cène,
qui lui vaut un procès pour outrage aux bonnes mœurs, le nom de Bernard
Noël est attaché à une écriture du corps, entre mort et érotisme. Poète avant tout, Bernard Noël aborde
dans son œuvre les interrogations liées à un monde en fuite, celui de l’après-guerre, de la guerre du
Vietnam à l’explosion de la bombe atomique. Il collabore à la réalisation de nombreux livres d’artistes
et en illustre certains. Salué par Louis Aragon, André Pieyre de Mandiargues et Maurice Blanchot,
l’œuvre de Bernard Noël donne à la poésie un rôle capital et unificateur, il en détermine l’espace et la
nécessité. « Une invasion, une logique du corps tout court […] : celui qui écrit avec l’outil brut de sa
vie et de son regard, avec ses manques, son impuissance, cherche un espace que ni les autres ni
l’époque ne peuvent lui donner : un espace vital». (Dominique Sampiero dans l’Espace du Poème)

Bernard Noël a reçu le Prix National de poésie en 1992, le Prix Max Jacob en 2005, le prix Robert
Ganzo en 2010.

François Rouan
Les dates

1961 Arrive à Paris et entre à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts.
1966 Premiers tressages de toiles.
1971 Obtient une bourse pour la Villa Médicis alors dirigée par Balthus.
1972 Travaille sur la série des Portes. Se lie d’une profonde amitié avec Balthus, et reçoit les visites régulières
de Jacques Lacan, qui lui achète des dessins, et de Pierre Matisse, qui deviendra son marchand et l’exposera
dans sa galerie de New York (de 1972 à 1988).
1975 Exposition « Douze Portes » au Musée National d’Art Moderne de Paris.
1978 Quitte l’Italie. Il s’installe à Laversine, dans l’Oise. Importante exposition au Musée Cantini, à Marseille.
Jacques Lacan écrit un texte, accompagné de dessins de « nœuds borroméens »
1979 Exposition personnelle à la Stadtische Kunsthalle de Dusseldorf
1983 Exposition rétrospective au Musée national d’Art Moderne, Centre Pompidou, Paris
1987 à 1989 Premières photographies d’après modèle – Initie une réflexion sur l’empreinte avec la série des
Stücke. Prises d’empreintes et photgraphies d’après modèles. Esquisses de vitraux (à partir de gouaches
découpées) pour les chapelles basses de la cathédrale de Nevers
1992 Premières Coquilles
1994 Réalisation des vitraux de l’église Saint Jean-Baptiste de Castelnau-le-Lez (Hérault)
Exposition importante à la Stadtische Kunsthalle de Dusseldorf, reprise l’année suivante au Musée d’art
moderne de Villeneuve d’Ascq
1997 Rétrospective au Sezon Museum of Art, Tokyo
2000 Expositions personnelles, à Pékin (Institut des Beaux Arts), aux Sables d’Olonne (Musée de l’Abbaye
Sainte-Croix), reprise à Altkirch, à Paris (FIAC, Galerie Daniel Templon)
2003 Exposition, Ash Babies, à la galerie Daniel Templon (Paris). A l’occasion d’une invitation de Philippe
Dagen au Fresnoy (Studio national des arts contemporains dirigé par Alain Fleischer), François Rouan réalise
un premier film, Clamouse, à partir de travaux photographiques.
2004 Des peintures à la cire, des panneaux photographiques, ainsi qu’un film intitulé « Di Sotto in Su », sont
présentés dans l’exposition « Primatice, maître de Fontainebleau » au Musée du Louvre.
2006 Exposition rétrospective à Toulouse, Musée des Abattoirs « François Rouan Contre Image »
2007 Réalisation du film « L’envers du décor » (à partir du travail photographique sur l’envers des grandes
« Tentures du roi » aux Gobelins)
2008 Dans le cadre de l’exposition Courbet au Musée Fabre (Montpellier), installation vidéo intitulée « Le
catéchisme de Gustave ». Parution d’une monographie en deux volumes : Rouan le peintre par Dominique
Cordellier, et Tombeau de Francesco Primaticcio (éditions Galilée, Paris).
2009 Exposition monographique Sempervirens à Paris, galerie Fournier ; réalisation du film « 15×32 »
2011 – 2012 Plusieurs expositions monographiques : au Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis (Odalisques
Flandres) ; à la galerie François Ditesheim (FIAC 2011) et à la galerie Fournier, Paris. Installation du plafond
vidéo aux Gobelins, pour l’exposition Décors et Installations. Parution, aux éditions Cadastre8zéro, de Ce
jardin d’encre, de Bernard Noël, accompagné de nombreuses illustrations photographiques de François Rouan.
Exposition personnelle Le Chemin d’encre à la Maison des Arts et Loisirs de Laon, suivie de la parution d’un
second ouvrage avec Bernard Noël, en édition bilingue français/arabe
2013 Exposition « François Rouan à Hautefort » – Peintures, photos, vidéos.
Exposition « Une histoire d’Odalisques » – Galerie Thessa Herold (Paris)

Informations pratiques

Dates & vernissage
Exposition Trotteuses / Un autoportrait en trois couleurs – Hall Matisse
Exposition – Du Jardin d’encre au Chemin d’encre – Salle Giacometti

Du 21 janvier au 27 avril 2014

Vernissage en présence des artistes le mardi 21 janvier à 18h.
– Projection du film Trotteuses de François Rouan à 18h15 au cinéma Orson Welles.
– Lecture de Bernard Noël à 19h30 au Petit Théâtre

Horaires & tarifs
Ouverture du mardi au vendredi de 13h à 19h
Ouverture samedi et dimanche de 14h à 19h
En continu les soirs de spectacles.

Entrée libre

Pour se rendre à Amiens depuis Lille ou Paris (1h30 environ) :
En train : trains directs à partir de la Gare du Nord et navettes depuis la gare TGV Haute Picardie
En voiture : par l’A16, l’A1 ou l’A29
En avion : accès via les aéroports Roissy – Charles de Gaulle et Beauvais-Tillé


Coordonnées & renseignement
Maison de la Culture d’Amiens – 2 place Léon Gontier – CS 60631 – 80006 Amiens cedex1
Tél. 03 22 97 79 79 – Site w w w . m a i s o n d e l a c u l t u r e – a m i e n s . c o m

 

Retrouvez toute l’actualité des expositions en musées et galeries sur www.NewsArtToday.Tv

Les Editions Patou, www.editionspatou.com, sont partenaires de www.NewsArtToday.Tv

Remerciements à Andy Emler, auteur compositeur, pour la musique.

FLASH INFOS
La 6ème édition de IN SITU Patrimoine et art contemporain a lieu jusqu'au 17 septembre 2017, dans la région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée. Les œuvres de 10 artistes français et internationaux sont exposées sur 11 sites inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.-DIORAMAS Du 14 juin au 10 septembre 2017, le Palais de Tokyo invite les spectateurs à redécouvrir le diorama. A travers les œuvres de nombreux artistes contemporains, l'exposition réinvente ce mode de représentation, à la croisée de la science, de l'Histoire et de l'art. Entre mise en scène et illusion, ces dioramas sont un terrain d'expression original pour le réel et l'imaginaire.-A PIED D'OEUVRE (s), la Monnaie de Paris expose les sculptures au sol à l 'occasion des 40 ans du centre Pompidou jusqu'au 9 juillet 2017.-Rodin l'exposition du centenaire. A l’occasion du centenaire de sa mort, l’exposition pose un regard nouveau sur cet artiste protéiforme, convoquant ses collectionneurs ou encore les artistes de son temps, Bourdelle, Claudel, Brancusi, Picasso ou Richier, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. Au Grand Palais du 22 mars au 31 juillet-Picasso, Matisse et Braque à bonne adresse. Prenant appui sur le livre d’Anne Sinclair, petite-fille du marchand Paul Rosenberg, l’exposition du Musée Maillol redonne à la galerie sise 21, rue La Boétie l’éclat qui fut le sien. Jusqu’au 23 Juillet.-
Avant-Première

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