Jean-luc Parant – Galerie Lara Vincy

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13/05/2016 - 02/07/2016

A Propos de

À l’occasion de sa septième exposition personnelle à la galerie Lara Vincy, Jean-Luc Parant revient à ses tout premiers dessins inventés en 1973 quand il découvre qu’il n’a pas seulement deux mains mais quatre : une main droite et une main gauche les yeux ouverts, mais aussi une main droite et une main gauche les yeux fermés.
C’est alors que cette possibilité de dessins à quatre mains devient une contrainte de travail si choisie qu’elle libère finalement le dessin de l’artiste en s’ajoutant à une autre contrainte : celle du compte systématique des petites boules à l’encre de Chine qui emplissent la page. Les petites boules dessinées emplissent les yeux ouverts les contours des mains pour se répéter du même nombre les yeux fermés dans le contour des mains de la même taille.
Jean-Luc Parant écrit lui-même au sujet des yeux fermés :

nous laissons des traces parce que nous n’y voyons pas totalement et que les mains et la peau sont nées de cet aveuglement et que toucher c’est toujours faire la nuit autour de soi et que nous touchons parce qu’il fait nuit et les traces les plus profondément marquées sont celles qui se sont inscrites les yeux fermés dans la nuit la plus noire et celles les plus précisément traces sont celles qui se sont gravées ainsi dans le noir avec la main la plus gauche celle dont l’oeil ne s’est jamais servi et que la vue n’a jamais guidée et seule la main la plus main la main la plus aveugle sait dire notre nuit et notre attache ici dans l’univers infini

Extrait de 351560 petites boules les yeux ouverts et les yeux fermés de la main droite et de la main gauche, Théâtre Oblique, 1975.

Dans cette exposition, ce principe fondateur du dessin à quatre mains est repris mais sur un nouveau support : des pages d’écriture Braille à points saillants, choisies pour la qualité de leur texture d’une part, mais bien sûr aussi pour la relation que ces pages opèrent entre le plasticien qui dessine des boules et l’écrivain qui écrit sur les yeux.
Sur des pages isolées ou assemblées par 8 ,6 ,4 ,2 ou plus, Jean-Luc Parant dessine des mains de toutes tailles : la forme du contour de ses mains agrandie ou réduite, vue de près ou de loin, remplie de boules ou débordée par elles selon qu’il fait jour ou nuit sur ses yeux. Les mêmes nombres de boules remplissent ou débordent différemment la forme du contour de la main mais représentent tout autant ce que contient la surface délimitée par ce contour.
Pour Jean-Luc Parant, ces contraintes de formes et de nombres dans son travail sont comme un alphabet, comme un nombre limité de signes à combiner différemment pour en changer le sens. Ainsi l’artiste a l’impression d’être plus entièrement juste du passage des yeux ouverts aux yeux fermés (imprécis), du passage de la main droite à la main gauche (moins habile).
« À nous qui ne nous sommes jamais vus et qui ne pourrons jamais nous voir tout entiers, avancer et reculer devant nous, à nous qui serons toujours de la même taille pour nous-mêmes – à notre taille réelle –, la vue nous donne la possibilité de nous réduire à la taille d’un trou de serrure », nous dit-il.
Ces mains de toutes tailles, des mains de géants qui deviennent des mains d’enfants, sont comme des yeux : ce sont bien des mains qui voient que JLP dessine. L’exposition À quatre mains aurait pu tout aussi bien s’intituler Les mains voyantes. En effet, tandis que les mains, une fois adultes, restent de la même taille, JLP les transforme, à la galerie Lara Vincy, en yeux capables de s’introduire partout, de voir tout.

Kristell Loquet

 

Informations pratiques :

Galerie Lara Vincy
47 rue de Seine F-75006 Paris France
tél : +33 (0)1 43 26 72 51
contact@lara-vincy.com
Remerciements à Andy Emler, auteur-compositeur pour la musique.
Réalisée par Quentin Hautcoeur
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A PIED D'OEUVRE (s), la Monnaie de Paris expose les sculptures au sol à l 'occasion des 40 ans du centre Pompidou jusqu'au 9 juillet 2017.-Rodin l'exposition du centenaire. A l’occasion du centenaire de sa mort, l’exposition pose un regard nouveau sur cet artiste protéiforme, convoquant ses collectionneurs ou encore les artistes de son temps, Bourdelle, Claudel, Brancusi, Picasso ou Richier, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. Au Grand Palais du 22 mars au 31 juillet-Picasso, Matisse et Braque à bonne adresse. Prenant appui sur le livre d’Anne Sinclair, petite-fille du marchand Paul Rosenberg, l’exposition du Musée Maillol redonne à la galerie sise 21, rue La Boétie l’éclat qui fut le sien. Jusqu’au 23 Juillet.-
Avant-Première

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